Moto Club Maximois
Sortie à Séborga


Ce ne sont pas moins de 18 motos qui sont garées en vrac devant l'Escapade par cette belle journée de printemps. La destination du jour, la principauté de Séborga en Italie n'est sans doute pas étrangére au nombre important des participants. Si je me réjouis de voir autant de membres présents ( signe d'une bonne santé évidente du club ), je m'inquiéte un peu de la gestion de tout ce petit monde sur la route. Heureusement je peux compter sur Claude ( devenu maintenant un fidéle et efficace adjoint ) et son sens inné de l'organisation. C'est donc lui qui prend la tête du groupe en compagnie de Patrick ( le danseur mondain ) lui aussi digne de confiance pour fixer un tempo adapté au groupe. Pour ma part je ferme la marche ce qui me permet d'avoir une vue d'ensemble et d'éviter si possible de perdre une ouaille.

La caravane s'échauffe doucement sur la route du bord de mer en direction de Fréjus. Pour l'anecdote les pouvoirs publics n'ont rien trouvé de mieux que de limiter ce cordon de littoral à 50 km/h. Si nous sommes tous d'accord pour condamner la vitesse excessive, force est de constater ( comme y disent ) qu'ils ont eu la main lourde. Dans la montée du mont vinaigre j'aperçois la tête du cortége quelques virages plus haut. Pour un motard c'est toujours un spectacle réjouissant de voir le serpent formé par les bécanes s'enrouler autour des multiples virages de cette portion de la N7. Dans un gauche des traces d'huile et des marquages au sol nous rappellent que cette route est dangereuse, le revétement est parfait, mais le nombre de virages sans visibilité ainsi que le manque de bac à gravier incitent à la prudence.

     Aprés une pause à l'entrée de mandelieu c'est par l'autoroute que nous rejoindrons l'Italie, la route du bord de mer est certes plus sympa mais la journée n'y suffirait pas tellement la circulation est dense et pénible. De plus, la vue sur la mer aprés la sortie la Turbie ne manque pas d'attraits, les fonds sableux de cette partie de la côte donnent une trés jolie couleur turquoise à la mer. Les passages sous les multiples tunnels seront prétexte à un concert de quatre en un particuliérement mélodieux. J'en profite pour faire remarquer ici que dans le passage des agglomérations les nuisances sonores provoquées par ce type de pot sont des plus limitées. Ceci est dû à la faible vitesse des motos en ville plus le fait que les motards dans leur immense majorité tiennent à conserver leur pot et leur permis, sans parler des amendes. Ces fameuses nuisances sont plus à rechercher à mon avis parmi les scooters débridés qui en plus de pétarader roulent à plus de 90 km/h avec un cadre, des pneus et des freins conçus eux pour 45 km/h. A l'heure ou la sécurité devient une priorité ( et c'est tant mieux ) on devrait se poser la question de savoir si c'est plus sécurisant d'entendre une moto arriver ou de ne pas l'entendre, à bon entendeur salut.

     Ca y est, il est 12h30 nous sommes à Séborga, ils devaient nous attendre puisqu'ils ont installé des tables et des bancs sur la place à l'entrée du village, parfait pour notre pique-nique tout ça. La douce chaleur du soleil de midi et le calme du lieu en font un endroit idéal pour le farniente. Petit bémol tout de même les Séborguais ont oublié d'enlever la brume, du coup ça gache sérieusement la vue sur la mer. Le village est vraiment tout petit mais plein de charme, la traversée de ruelles étroites d'une propreté exemplaire, nous conduit à une magnifique petite place, rien que pour ça je vous recommande la visite. Les Séborguais ont décidé defaire sécession en Italie, ils ont redécouvert en feuilletant des documents anciens que l'endroit était une principauté. Ils insistent donc pour retrouver le statutd'une principauté, et pour ça ils ont même saisi le conseil Européen. En attendant ils ont élu leur prince, Georgio premier, frappent leur propre monnaie et établissent même des passeports aux résidents.

     15h, il est temps de remonter sur nos montures et de reprendre la route. Retour par Bordighéra, Vintimille, ou nous en profiterons pour acheter quelques bouteilles d'eau de feu pas cher dans une boutique sur le bord de la route, boutique qui semble d'ailleurs être un lieu de pellerinage trés connu. A Monaco direction la moyenne corniche qui conduit à Nice par Eze village. La foule qui profite de la douceur printaniére défile en masse sur la promenade des Anglais. Nous nous extrayons du trafic pour rejoindre l'autoroute jusqu'à Mandelieu. Aprés un pot sur le bord de la route nous reprenons la N7 vers Fréjus. Il est 18h30 le soleil est bas sur l'horizon et justement l'horizon est juste à hauteur de casque si bien que parfois la visibilité est vraiment limite. Dans la descente sur Malpasset je me fais dépasser par le gang des CBR, impossible de suivre, ma CBR à moi pése 330 kg et si ça continue je vais encore flamber mes pompes et terminer la sortie en chaussettes.

     C'est lundi matin, j'écris ce compte rendu et dehors le beau temps a cédé la place à la grisaille et au vent d'est, on a eu de la chance hier, ce fut une bien belle journée.

antoine.