La sortie
programmée de quatre jours dans le nord de l'Italie ayant été
annulée faute de volontaire, j'ai proposé aux copains pour aujourd'hui
une balade au pied levé dans le Briançonnet. Aprés un départ
quelque peu laborieux, évidemment dans les sorties en groupe il y a toujours
un peu d'inertie, nous prenons la direction de l'inévitable route du
Muy. Au rond point du Muy nous récupérons Jean Marc et sa Varadéro,
pour vous dire si l'ambiance est bonne au sein du club, Jean Marc qui a déménagé
récemment vient exprès de Grasse pour rouler avec nous. Nous continuons
par les gorges de Pennafort, Callas, Bargemon et la montée sur Comps.
Aujourd'hui j'y vais doucement dans les virages, Seb qui m'a monté des
pneus neufs m'a conseillé de rouler prudemment pendant quelques kilométres.
Aprés le Logis du Pin direction St Auban, nous empruntons la D 2211 qui
traverse la clue ou des Chrétiens particuliérement inspirés
ont creusé une chapelle dans la roche en aplomb du torrent. Nous suivont
ensuite cette petite route champêtre avant d'entrer dans la forêt
ou une délicieuse odeur de pin rempli nos casques.
En regardant dans mes rétros je m'aperçois qu'il manque du monde à l'appel, profitons en pour faire une pause pipi. Surprise, trois motards de la gendarmerie en patrouille dans le secteur s'arrêtent eux aussi en même temps que nous, ils nous ramènent Jean Michel qui a dû s'arrêter un instant au bord de la route suite à un léger malaise, une hypoglycémie semble t'il, chose qui ne risque pas de m'arriver avec tous les gâteaux que j'englouti. Ils sont de la brigade de Grasse et pour tout dire trés sympas, en plus ils se révèlent particuliérement diserts. Nous resterons ainsi une bonne demie heure à tailler la bavette et à plaisanter avec eux. On oubli trop souvent que derrière le masque impassible des forces de l'ordre il y a un coeur qui bat et dans leurs yeux j'ai pu voir une lueur d'humanité de nature à nousréconcilier avec la marée chaussée. Y a juste un truc qui m'agace un peu, c'est ma femme qui n'arrête pas de me dire " t'as vu comme ils sont beaux, j'en reviens pas ". Bon les gars c'était déjà pas drôle de nous guêter embusqués avec vos jumelles sur le bord des routes, mais si en plus vous mettez la pression sur nos gonzesses on va pas pouvoir continuer comme ça.
Quelque kilométres plus loin nous arrivons à Briançonnet ou j'ai prévu le pique nique, d'ordinaire l'endroit est tranquille mais aujourd'hui il y a foule en face de la place de la fontaine. Nous sommes tombés le jour de la transhumance et tout le village s'est réuni pour fêter ça. A peine arrêté Stéphane me dit " tu ne vas pas nous faire manger là, y a même pas d'herbe ", Stéphane il est comme ça il aime l'herbe. Quand au même moment un gamin s'extrait de la foule en courant et nous invite à nous joindre à eux pour l'apéro, du coup, Stéphane qui n'aime pas que l'herbe change soudain d'avis " bon si onallait voir ". Nous apprenons que toute l'équipe de bergers est partie la veille de St Auban pour accompagner les 450 têtes de moutons dans les environs du col de Buis et chaque jour ils font un pot grace à la maison Pernod suivi d'une bouffe. L'ambiance est plutôt picologique et bon enfant, heureusement les copains seront raisonnables ce qui nous permettra de repartir sereins.
Nous reprenons la route direction Gilette, comme je me sens bien je décide de voir si mes pneus sont rodés, en plus pas de soucis mon rupteur ( Alice ) est désactivé, elle a un pastis et un verre de rouge dans le cornet, du coup elle est prête à toutes les folies. Ce qui est génial sur ces petites routes étroites c'estque quand on roule à 80 km/h on a la sensation de rouler à 120 km/h et en plus il n'y a presque pas de voiture. Après quelques kilomètres j'ai le sentiment de piloter une CBR, jusqu'au moment ou justement la CBR de Jean Luc et la R6 de Stéphane me dépassent et me laissent sur place. Pourtant j'avais l'impression de bien rouler avec ma Pan, même qu'en sortie de virages je sentais le cadre se tordre et la moto onduler gracieusement au gré de sa propre volonté ( à la vache ça donne chaud ). Bon une chose est sûre les pneus sont rodés maintenant et je m'amuse comme un petit fou avec mon camion, si je n'avais pas dans les oreilles le bourdonnement incessant de la XX de Jean Michel qui me colle aux basques ce serait parfait. A Gilette, pause café avec vue grandiose sur la vallée du Var.
Le retour se fait par la N 202 et Puget Thénier, Entrevaux, le lac de Castillon et enfin une autre pause à Castellane le carrefour obligé de tous les motards en vadrouille dans la région. Il est 17h et la fatigue commence à se faire sentir, la descente sur Ste Maxime via Comps se fera tranquille visière ouverte pour se rafraichir les idées. Nous poserons les motos sur le péron de l'appartement de Gribouille et Jean Luc pour prendre une copieuse collation bien appéciée, le sentiment est unanime, c'est une super journée mais on est tous lessivés. 348 km c'est une belle sortie, on ne le répétera jamais assez, quelle chance nous avons d'habiter cette formidable région.
Ca ne vous donnes pas envie d'acheter une moto et de vous joindre à nous ça ?
antoine.