Premier
jour: ( Bastia – L’île Rousse )
Ca
y est enfin, nous sommes le jeudi 18 avril 2002, il est 6h11, il fait encore
nuit et12°c quand nous arrivons au point de rendez vous.
Sur place, il y a déjà les «tourtereaux» : Pierre un authentique breton féru de voile, motard à ses heures et Frédérique sa passagère (poï, poï), dont l’habileté ne cessera de nous surprendre tout au long du séjour. Arrivent ensuite les époux Nicolas : Nicole et Claude. Nous complétons le groupe avec ma passagère Alice.
Au péage de Fréjus la machine avale la CB de Fred et refuse obstinément de lui rendre, il nous faudra l’aide d’un agent du personnel pour en venir à bout et nous élancer sur l’autoroute en direction de Nice.
A l’embarcadère nous découvrons le NGV (Navire à Grande Vitesse) «Liamone»,qui nous emmènera à Bastia en 3h45 dans un confort de premier ordre, et en plus, même pas malade.
Nous débarquons les motos sur l’île et c’est à cet instant que commence vraiment nos vacances. Sur les hauteurs de Bastia le panorama nous donne un avant goût de ce qui nous attend et c’est franchement encourageant. Un passage par le petit port de St Florent et nous traversons le désert des Agriates. A vrai dire il ne s’agit pas à proprement parler d’un désert, ici pas de sable ni de dune, que de la rocaille, une végétation clairsemé et une chaleur écrasante en été. Mais à cette saison il fait très bon et notre traversé du désert se fera sans problème. Terminus ce soir à L’île Rousse à l’hôtel restaurant «le grillon». Le repas servi sur place est excellent, et laisse présager le meilleur pour la suite de ce voyage.
Deuxième
jour: ( L’île Rousse – Porto )
Nous avons prévu une boucle autour
de L’île Rousse dans la région appelée la Balagne. La nationale 197 ressemble
à une petite route de campagne qui serpente entre des collines recouvertes d’une
végétation rase et odorante, une vrai route pour les motards épicuriens que
nous sommes. Nous rattrapons le bord de mer direction Calvi pour un pique-nique
au pied de la citadelle. Puis c’est par la D81b que nous rejoignons Porto. Cette
route pas toujours bien carrossée, nous fera découvrir des paysages merveilleux
éclairés par une lumière exceptionnelle, avec une mention spéciale toutefois
à l’arrivée sur le golf de Porto.
Après 250 km parcourus la fatigue se fait sentir et c’est Nicole la pauvre qui en fera les frais en tombant pratiquement à l’arrêt à 500m à peine de l’hôtel. Heureusement pas de bobo, juste la poignée de frein qui a raccourcie de 3cm.
La chambre de l’hôtel «brise de mer» offre une vue à tomber par terre justement. Ce soir encore l’ambiance est à la franche rigolade et les éclats de rires fusent de partout. Pierre nous parle aussi de sa bécane, une 1400 intruder qui dit il est équipée du même système de freinage que le solex de son grand père, ce qui à pour effet de la transformer à l’occasion en machine à faire de l’huile. Dans l’euphorie du moment je bois un verre de plus du «freine tard» local, ce qui me vaudra une nuit peuplée de monstres en tout genre.
Troisième
jour: ( Porto – Corté )
Après avoir savouré le levé du soleil
sur la cathédrale de rocher qui fait face à l’hôtel, direction les motos qui
exceptionnellement ont couché sur le bord de la route. Et c’est reparti pour
les Calanques de Piana une des sept merveilles de l’île, difficile à décrire
tellement c’est beau. Ensuite nous remontons vers le centre du pays par la
D
70.
Une courte pause à la supérette de Vico pour le panier garni, quand, sans crier gare l’intruder de Pierre nous abandonne lâchement victime d’une panne électrique. Malgré tout nos efforts et l’aide des autochtones au demeurant gentils et serviables comme on a rarement l’occasion de le voir, la moto ne repartira pas obligeant les tourtereaux à poser leur valises ici. La décision est prise, pendant qu’ils chercherons un moyen de se dépanner nous continuerons notre circuit. Nous repartons donc déçu que les choses prennent cette tournure, mais de toute évidence nous ne pouvons rien faire pour eux.
En montant nous traversons la forêt d’Aïtone aux arbres d’une incroyable hauteur. La Corse réserve à ses visiteurs nombres de surprises, le premier jour nous avons emprunté la route des vins, le deuxième la route des vaches et des chèvres, enfin aujourd’hui celle des cochons. Ici il faut apprendre à partager avec la faune locale, en fait c’est très sympa à condition d’être vigilant. Une pause au bord du lac de Calacuccia avant de parcourir les 20 derniers kilomètres vers Corté. Ces 20 km là valent aussi le détour, un enchaînement de petits virages au milieu des gorges du Golo balisées par des roches rouges laminées par l’érosion.
Il est 17 heures quand nous passons le panneau Corté, c’est bon, nous avons encore le temps de faire les gorges de la Restonica. La Restonica c’est un torrent qui cascade en formant par endroit de petits bassins remplis d’une eau cristalline qui s’écoule entre les blocs rocheux polis par les siècles. En remontant vers la source la fraîcheur nous saisie puis bientôt le froid, cette fois nous arrivons au cœur des massifs Corse, et il suffit de lever la tête pour s’en convaincre. Il est 18h30, il est temps rejoindre notre hôtel prêt de Corté. L’albadu ressemble d’avantage à une ferme qu’à un hôtel, nous sommes un peu surpris, mais finalement c’est très sympa, l’accueil est chaleureux, les chambres sont propres et le confort correct. Quand au repas il surpasse celui du grillon, c’est pas peu dire.
Quatrième
jour: ( Corté – Propriano )
Ce matin c’est par la N 193 que nous nous rendrons à Ajaccio. Le temps est couvert, le passage du col de Vizzavona ce fera dans la brume, ensuite la descente jusqu’à la mer est un vrai régal, la plus belle route pour moto depuis le début de notre périple. Un passage par les gorges du Prunelli secouera les équipage en raison du revêtement dégradé, la D 155 en direction de Propriano finira de nous tanner le postérieur. C’est avec un plaisir non dissimulé que nous posons nos valises au beach hôtel qui comme son nom l’indique est situé sur la plage. Les chambres très spacieuses offrent une vue imprenable sur le golf et les montagnes environnantes. De plus le patron est un motard (750 super ténéré) et nous prête son garage, difficile de faire mieux.
Cinquième jour: ( Propriano – porto-Vecchio )
Nous avons prévu de passer une grande partie de la journée à Bonifacio pour visiter cette magnifique cité fortifiée et insérer en milieu de semaine une journée à faible kilométrage histoire de souffler un peu.
Départ
donc à 9h30 par la N 196, passage par Sarténe petite cité typique construite
à flan de colline. Puis nous continuons toujours par la N 196; cette portion
jusqu’au lieu dit « la tour d’Olméto » permet à Nicole d’exprimer tout son talent
de pilote sur ces 25 km nous obligeant à nous « Rossifier » pour la suivre.
Visite de Bonifacio avec son port sculpté par la mer dans la roche calcaire et sa vue imprenable depuis les remparts. Les inévitables piéges à touristes et la possibilité d’une visite des falaises en bateau.
Il
est 17h quand nous arrivons à l’hôtel « le mistral » à Porto-Vecchio.
Sixième
jour: ( Porto-Vecchio – Corté )
La côte Est de l’île ne présentant pas un intérêt capital nous rejoindrons
corté par la montagne. Au passage les aiguilles de Bavella nous donnerons une
nouvelle occasion de nous émerveiller devant ces dents rocheuses qui s’élèvent
à 1596m.
A
Zicavo à l’occasion d’une halte dans un petit resto nous assistons à une discussion
passionnée entre Corses, ceux à l’esprit nationaliste et les autres. Il apparaît
que la grande majorité des insulaires est bien loin des clichés révolutionnaires
véhiculés par les média. Au contraire nous n’avons rencontré tout au long de
notre séjour que des gens ouverts, agréables, à l’image de cette charmante vieille
dame qui ce précipita pour nous apporter du saucisson maison avant que nous
ayons eu le temps d’enfourcher nos montures.
Un
peu avant le col de verde la pluie nous oblige à enfiler les combinaisons et
à redoubler de prudence sur ce tronçon piégeux. En descendant par la forêt de
Rospa Sorba un triste spectacle nous attend, un incendie à ravagé une bonne
partie des collines récemment et
les bulldozers nettoient le terrain déposant au passage de la boue sur la chaussée
ce qui ne nous arrange pas vraiment.
Nous
finissons repeint de la tête aux pieds à L’albadu, notre étape de samedi
dernier ( miam ).
Enfin
des nouvelles des tourtereaux, Pierre à trouvé une batterie neuve à Ajaccio
et ils nous rejoindrons demain après midi à Bastia. Leur circuit tronqué ne semble pas avoir entamé leur moral et ce grâce à l’assistance des
villageois.
Septième
jour: ( Corté – Bastia )
La journée d’aujourd’hui nous entraînera autour du cap Corse. Une suite
de petites criques aux eaux turquoises, en fait une suite de carte postales
et pour ne rien gâcher la route est sympa elle aussi. Les retrouvailles avec
Fred et Pierre ce font à l’hôtel le riviéra à Bastia, un établissement correct
mais bruyant car en centre ville.
Et
voilà les vacances sont terminés. Elles nous laisseront un formidable souvenir,
pas seulement à cause des paysages fabuleux et des routes Corse mais aussi grâce
à l’accueil et de la gentillesse de ses habitants. Nous sommes tous partant
pour un autre séjour dans l’île à l’image de Nicole qui envisage déjà de revenir
en septembre prochain.
Un
mot sur nos motos et d’abord honneur aux dames:
Nicole
roule sur une SV 650, ce pourrait être la moto parfaite pour ce genre de circuit
si le confort était meilleur.
Claude
roule lui sur ZR7, à mon avis le meilleur compromis du groupe.
L’intruder
de Pierre déjà évoquée plus haut, un custom avec son look inimitable et ses
qualités routières elles aussi inimitables.
Enfin
la pan européan le top des routières, mais mal à l’aise sur ces petites routes étroites et souvent dégradées car trop lourde et peu maniable
à basse vitesse.
Le
bon plan: un trail pas trop lourd genre transalp.
antoine
