Le Québec c'est : 1.700 000 km² ( + 3 fois la France ) et 7.2 millions d’habitants
C'est dans la région du Mont tremblant ( au nord de Montréal ) à Ste Agathe-des-Monts que nous allons passer ces 9 jours de vacances. Le parc du Mont tremblant c'est aussi 405 lacs et 7 rivières avec le plus haut sommet de la chaîne des Laurentides : 935 m.
Dimanche 29 février 2004
Je pense que nous n'aurons pas de problèmes pour nous réveiller cette semaine. Je me tourne et retourne dans mon lit depuis 4h du matin, forcémment, en france il est déja 10h.
Pourtant la journée d'hier ne fut pas de tout repos, réveil à 3h30 pour être à l'aéroport à 6h, les mesures de sécurité imposent aux passagers de se présenter 1h30 avant l'embarquement. Un Faucker nous a conduit jusqu'à Zurich ( à moins que ce ne soit un Fucker, car vraiment pas confortable le coucou ). Après 3 heures d'attente nous embarquions à bord d'un airbus de la compagnie Suisse, là par contre le confort se révela d'un très bon niveau. Histoire de ne pas trouver le vol trop long et sur les conseils d'un ami je prends un comprimé de "lexomil". Erreur fatale qui me déclencha une crise de foie, qui, additionné à mon mal des transports habituel me fit passer un voyage pourri de chez pourri. L'avion se posa à 14h30 heure locale à Dorval où Gilles et son équipe nous attendaient comme prévu. Il ne restait plus qu'à rejoindre Ste Agathe-des-Monts, environ 100 km plus haut.
Nous pensions loger à l'hotel "La Caravelle" en face du lac des sables finalement c'est au "Watel" lui aussi en face du lac des sables que nous posions nos valises. Un deux étoiles qui correspond aux normes en vigueurs chez nous, à noter quand même que les chambres sont spacieuses et le lit permet non seulement de dormir mais aussi de faire le tour de sa partenaire de bridge sans problème. Voilà, après un diner dans une salle à manger à la déco très Canadienne nous sommes allés nous coucher à 3h30 heure Française, comme on dit : ça peut compter !
Il est 9h30 quand Gilles nous présente Yann notre guide qui va nous piloter sur les pistes de la région. Après une brève explication sur leur fonctionnement nous enfourchons les motoneiges, des 570 cm³ de chez Artic cat. Les premiers kilomètres sont un peu hésitant le temps de s'adapter à la machine qui n'a pas grand chose à voir avec une moto si ce n'est un moteur rageur. Malheureusement il n'a pas neigé depuis quelques temps et les pistes sont plutôt abimées, certain tronçons font même penser au boulevard "Grospiron". Juste avant la première pause je me fais une frayeur en entendant Alice crier suite à une violente ruade de notre engin. La pauvre c'est fait une entorse au pouce. Mince, ça commence mal cette histoire, elle a l'air abattue et envisage même un instant de rentrer à l'hotel. Gigi et Isa émettent elles aussi des doutes quand à leur participation pour les jours à venir. Après quelques minutes de discution nous décidons de repartir mais cette fois en ajustant l'allure à nos possibilités et à l'état du terrain.
Avec les kilomètres les choses s'arrangent, les passagères trouvent leur place et les pilotes leurs repères. La pause déjeuner se fait à Huberdeau ou la sexy Manon assure un service irréprochable. Qui a dit qu'on ne manger pas bien au Québec ? Bon c'est vrai ce n'est pas non plus de la cuisine extra fine, mais quand même c'est bon, copieux et cerise sur le gâteau pas cher. 15 $ par personne ( 10 € ) sans la boisson qui se résume ici par un coka ou une bière. Allez trouver pareil tarif en France, surtout sur la côte.
Sur le premier tronçon du retour la piste est bon état et comme nous commençon à comprendre le fonctionnement de nos machines l'allure est soutenue. Le truc c'est de bien sortir le corp à l'intérieur du virage, couper les gaz une fraction de seconde en entrée et les remettre en grand dés que la moto est sur la trajectoire. Ca glisse, ça patine, ça pousse, ça hurle, vous l'avez compris c'est jouissif. Au menu du repas du soir : salade avec des petits cubes de fromage ( genre mozzarella ) poulet aux légumes en plat de résistance et pour finir profitérolles. Le tout comme vous vous en doutez dans une franche rigolade.
Par contre vers 22h ( 4h chez nous ) l'ambiance retombe un peu, pour tout dire "ça coince".
Lundi 1 mars 2004
Le petit déjeuner Canadien est du type Anglo-saxon, c'est à dire : omelette, bacon, saucisses, crêpes, fruits ... consistant en somme. Notez que c'est pas du luxe vu la dépense énergétique occasionnée par nos montures.
Aujourd'hui une partie des passagères décide d'accompagner Nicole ( l'invalide du groupe ) faire les boutiques à St Sauveur pour magasiner. Ne reste en selle que Ginette ( le mari de pierre dit "ma poule" ) et Alice dit "ma blonde".
Nous partons sous le contrôle de Yann pour la montagne noire. Le début est pénible, surtout pour les passagères, toujours en raison des bosses qui jalonnent le parcours. Devant les solistes s'en donnent à coeur joie tandis que derrière Pierre et moi rivalisons de précautions pour conserver nos passagères en état. A l'occasion d'un carrefour je met du temps à réaliser la direction à prendre, je braque, rien, je freine, toujours rien, bon ben tout droit alors. Nous sautons une bosse pour finir dans le talut avec de la neige jusqu'à la ceinture. Pas de bobo et grace aux copains nous sortons la moto de son trou assez facilement. Le retour se fait par la même piste ( en sens inverse évidemment ). A mi-parcours un Canadien répondant au prénom de Patrice accepte gentiment de prendre en stop Ginette ( un poil brisée ) et Alice histoire de les soulager de la séance de shaker qui les attend. A ce moment je mesure toute la différence qu'il y a à piloter en solo. On adopte une position proche de l'enduro en appuie sur les jambes et gaaaaaz, le plaisir et total.
Ce soir nous posons nos valises chez Jean Pierre à "la Caravelle". Le confort est excellent, la propreté sans faille et le repas servi par Sonia et très bon, je ne sais pas quoi dire d'autre tellement c'est bien ici.
Mardi 2 mars 2004
Nous ne sommes pas encore remis du décallage et je suis réveillé à 5h30 prêt à bondir, enfin ce matin pas trop, j'ai l'impression d'avoir été passé à la moulinette, courbattu de la tête aux pieds.
Pas grave car aujourd'hui la journée est consacrée à la visite de Montréal.
Montréal c'est 2.8 millions d'abitants et une vie souterraine débordant d'activité : 500.000 personnes circulent chaque jour dans 30 km de galeries. Les habitants ce sont adaptés au froid et se sont fabriqués à l'image des taupes une ville en forme de galeries et de centres commerciaux. A cette saison c'est là qu'il faut se rendre car à l'exterieur avec le degel c'est pas beau à voir. En plus, à part dans l'artère principale "la rue Ste Catherine" il n'y a pas grand monde dans les rues. De l'avis général c'est en été qu'il faut visiter cette ville. Sinon l'art Américain cohabite gaiement avec l'art Français, on voit un peu tout et n'importe quoi au détour d'un carrefour. A voir, la cathédrale Notre Dame de Montréal, de l'extérieur elle ne paie pas de mine mais l'intérieur est superbe, n'oubliez pas d'aller jeter un oeil à la chapelle tout au fond derrière l'hotel vous pourrez y admirer une fresque murale en bronze de 45 tonnes.
Mercredi 3 mars 2004
Ste Agathe -des-Monts / St Michel-des-Saints
Aujourd'hui commence notre randonnée sur 4 jours, nous changerons donc d'hébergement chaque soir.
Départ de randoneige à 10h, direction St Donat par un sentier que nous avons déja emprunté lundi, nous évoluons en terrain connu, appelons le : "le sentier de Verdun". Ensuite la consistance de la piste change et de large plaques de glaces font leurs apparitions surprenant Pierre au détours d'un virage. Tête à queue inévitable suivi d'un plantage spectaculaire dans le talus. J'ai à peine le temps de m'arrêter que Pierre a déja redressé sa moto, costaud le gaillard. Pour la monture ça va, pas de dégat, en revanche Pierre c'est sérieusement maché la hanche en tombant sur la glace, il est sera quitte pour un maousse hématome. La suite ressemble au trophet andros avec force glissades et patinages . La vigilance est de mise.
A 15 km du but ma moto tombe en panne, à priori c'est l'allumage qui connait une défaillance, impossible de réparer. C'est Chacha notre cascadeur maison qui prend le guidon de ma bécane et c'est Pierre qui le remorque avec la sienne. Tout se passe bien jusqu'à 2 km du terminus. En ce moment c'est le dégel et la surface des lacs est en décomposition, de nombreuses nappes d'eau émmergent ça et là. Il fait nuit, il est très difficile de discerner le relief du terrain. La traversée de la première nappe est fatale à la corde et Chacha reste planté dans l'eau. Il faudra le renfort de Caude dit "doudou" et de Jean Michel pour regagner l'autre rive. Il est 19h15 quand nous arrivons au gîte les pieds trempés et pas réchauffé.
Les gîtes au Québec ne ressemblent pas du tout à ce que nous connaissons en France, le confort est top niveau et le décor exeptionnel . Je vous donne l'avis général, on a l'impression d'être dans un 4 étoiles.
Jeudi 4 mars 2004
St Michel-des-Saints / Nominingue
Impossible pour moi de raconter la journée sur les pistes puisque Gilles n'a pas pu me donner une autre moto aujourd'hui. J'ai fais la liaison avec Nicole et Claude à bord de leur Chevrolet de location.
L'étape du soir se fait en chambre d'hote chez Ignace en face le lac Nominingue. Ignace et sa femme sont un couple de Belge venu s'installé ici il y a 8 ans. Un accueil chaleureux une attention de tous les instants, nous sommes traités aux petits oignons. S'en suit un repas savoureux, subtile mélange de cuisine Française et Canadienne.
Demain nous repartirons en moto grace à Anne Laure qui a bien voulu prendre le guidon de la moto de rechange mis à ma disposition par Gilles à St Michel-des-Saints en fin de matinée. J'ai comme dans l'idée que l'expérience ne lui a pas déplue.
Vendredi 5 mars 2004
Nominingue / Duhamel
La piste est piégeuse en raison de la faible couche de neige tombée pendant la nuit et qui masque les plaques de verglas. Malgré ça je suis le seul à faire un tout droit suite à une faute d'inattention. La moto est sur le flanc et nous aussi quand Pierre, Chacha et Jean Michel nous retrouvent quelques secondes plus tard. Ils me sortent de là en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et c'est reparti. L'hébergement est prévu dans un chalet en bois rond répondant au nom de "couleur de France". L'établissement construit par un Français vient juste d'ouvrir ses portes et les travaux ne sont pas complètement terminés. Nous sommes tous fascinés par la beauté du lieu, c'est sans aucun doute notre plus belle étape, là c'est au moins un 5 étoiles. En prime nous verrons des chevreuils des écureuils et quelques chanceux apercevront même un lynx. Nous savourons cette soirée dans ce cadre féérique autour d'une pierrade ponctuée par quantité de blagues.
Samedi 6 mars 2004
Duhamel / St Jovite
C'est la dernière journèe de moto, et il est temps d'arrêter car la neige se fait de plus en plus rare, remplacée par la glace dans le meilleur des cas, par de l'eau de l'herbe et des cailloux dans la pire des cas. Au début un petit tronçon nous permet quand même de savourer ces derniers instant au guidon de nos engins. Les colisions frontales et les rencontres avec les érables ne sont pas anodines. Une halte devant une affiche nous apprend que pendant l'hiver 98/99 on a dénombré 40 morts sur les pistes. C'est vrai que si cette activité ludique permet de s'éclater elle n'en est pas moins dangereuse surtout en raison de l'étroitesse des pistes qui sont, rappelons le, sont à double sens. Cette étape est l'occasion pour Chacha ( qui en rêvait depuis le début ) de glisser sur l'eau, car de toute façon impossible de faire autrement. Nous finissons le trajet en motofoin jusqu'à la cabane à sucre de St Jovite une des 400 que compte le Québec.
Ici le sirop d'érable est cuisiné à toutes les sauces, spécial, mais pas mauvais à condition de ne pas en abuser.
Gilles nous a rejoint pour rapatrier les motos à St Agathe, puisqu'il n'est plus possible de continuer avec. Nous rentrons donc à "La caravelle" en bus la tête bien pleine de nos chevauchées à travers bois, et accessoirement de bière au sirop d'érable.
Voilà, c'est déja terminée. Ca fait 9 mois qu'on avait réservé notre séjour et cette semaine est passée à la vitesse de l'éclair. Je ne pense pas trop m'avancer en vous disant que tous les membres du groupe ont apprécié le déplacement. C'est vrai qu'on aurait bien aimé avoir un peu plus de neige, mais pour ça il faut impérativement venir entre le 15 janvier et le 15 février, il fait plus froid mais d'après Gilles ça se supporte très bien. Pour le reste : l'accueil, l'hébergement, la nourriture, l'ambiance et la motoneige c'était vraiment top. Pour le côté financier pas de surprise la barre des 4000 € ( pour deux tout compris ) n'a pas était franchi, sauf peut être par Isa et Gigi qui ont fait le plein dans les boutiques de St sauveur.
Un grand merci à Gilles et à toute son équipe pour ces vacances réussies.
Merci aussi à tous les copains ( le couple présidentiel Daniel et Isa, Anne Laure et Jean Michel, Ginette et Pierre, Gigi et Chacha sans oublier Nicole et Claude nos précieux accompagnateurs ) pour leur gentillesse et leur enthousiasme durant notre trop court séjour chez les cousins Québequois.
L'année prochaine le motoclub reproposera ce séjour en collaboration avec Gilles Nulli de Safari Nordik.
Le départ aura lieu le samedi matin ( de Nice ou Marseille ) et le retour le samedi suivant avec arrivée le dimanche.
La date sera fixée entre le 15 janvier et le 15 février par les futurs participants au mois de juin prochain.
N'attendez pas le dernier moment pour me contacter si vous êtes interessés.
Le tarif maximum prévu est de 3600 €/2 pers ( à faire au moins une fois dans sa vie ).
antoine.
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